Mar08202019

mise a jour :Lun, 11 Fév 2019 11am

Le Jeune

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Le Jeûne

Le Jeûne dans le Saint Coran:

-«Ô vous qui croyez: Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Peut-être craindrez-vous Dieu-

Jeûnez durant des jours comptés. Celui d'entre vous qui est malade ou qui voyage jeûnera ensuite un nombre égal de jours.

Ceux qui pourraient jeûner et qui s'en dispensent, devront, en compensation, nourrir un pauvre.

Celui qui, volontairement, fera davantage y trouvera son propre bien.

Jeûner est un bien pour vous. Peut-être le comprendrez-vous.

Le Coran a été révélé durant le mois de Ramadan C'est une Direction pour les hommes une manifestation claire de la Direction et de la Loi.

Quiconque d'entre vous, verra la nouvelle lune jeûnera le mois entier.

Dieu veut la facilité pour vous, Il ne veut pas pour vous la contrainte.

Achevez cette période de jeûne; exaltez la grandeur de Dieu qui vous a dirigés. Peut-être serez-vous reconnaissants» Le Coran II : 183-185.

Le jeûne de Ramadan est l'un des piliers de l'Islam. C'est une obligation cultuelle que tout musulman et toute musulmane remplissant les conditions requises doivent accomplir durant le neuvième mois lunaire hégirien, le mois de Ramadan.

En se penchant sur les versets coraniques précités, on peut remarquer que le jeûne est avant tout, une prescription divine ("Le jeûne vous est prescrit ...") que le Croyant doit observer pour faire preuve de crainte révérencielle envers le Créateur ("Peut-être craindrez-vous Dieu"). Et comme pour faire prendre conscience aux croyants de l'importance et de la nécessité de cette prescription, Allah leur précise que le jeûne est un bien dont ils devraient et pourraient comprendre les effets («Jeûner est un bien pour vous. Peut-être le comprendrez-vous»).

Comme le laisse entendre le Coran, le jeûne n'est pas une nouveauté religieuse révélée par l'Islam; il a déjà été prescrit aux nations et aux Prophètes antérieurs à l'avènement du dernier Messager de Dieu, et pratiqué depuis les temps les plus reculés.

Selon l'Imam Ali (as), cité par AI-Zamakh-charî, le premier homme à avoir jeûné fut Adam (as), et selon Abbas, cité par Al-Qummi. Le Prophète David (as) jeûnait un jour sur deux, son fils Salomon (Suleyman) (as), trois jours au début de chaque mois, trois jours au milieu du mois et trois jours à la fin du mois; le prophète Issa (Jésus) jeûnait tout le temps, et sa mère Marie, deux jours sur trois.

Par ailleurs, il n'y a pas que le Coran et les sources musulmanes qui signalent la pratique du jeûne dans trois religions. Ainsi, les Evangiles et la Thora en font diverses mentions; et l'histoire nous fait savoir par exemple que les Sabéens de Harrât observaient un jeûne de trente jours et que les Mecquois du pré Islam observaient eux aussi le jeûne.

Enfin, même de nos jours, le jeûne demeure une pratique religieuse observée par les adeptes de nombreuses religions .

Le Jeûne de Ramadan : Le sens apparent et le sens réel

Le jeûne de Ramadan consiste à s'abstenir de manger, de boire, de faire l'acte sexuel etc... Depuis l'aube jusqu'au crépuscule chaque jour du mois de Ramadan. Il suffit donc d'observer ces abstinences après avoir formé intimement l'intention de jeûner par obéissance à Dieu, pour que le jeûne soit présumé correctement accompli.

Le mois de Ramadan, comme tous les mois du calendrier hégirien, étant un mois lunaire, son début et sa fin sont établis par l'apparition à l'horizon, vers le crépuscule, du premier quartier de lune. L'apparition du premier quartier de lune est considérée comme établie, soit lorsqu'on le voit soi-même à l'horizon, soit lorsque deux témoins justes (crédibles et dignes de foi) attestent l'avoir vu, soit- au cas où la vue de cette apparition est impossible pour des raisons atmosphériques- lorsque 30 jours du mois de Cha'bân se seront écoulés. (Il en va de même pour la fin du mois de Ramadan et l'avènement du mois suivant, Chawwâl).

En fait, le jeûne tel que Dieu le veut effectivement exige un effort de la part du Jeûneur et vise à transformer complètement l'homme, à le rendre intègre, et à le libérer de l'emprise de ses habitudes les plus tenaces et les plus asservissantes.

En effet le Prophète (saw) a dit à propos du mois de Ramadan : "O gens : Celui qui anoblit son caractère, pendant ce mois, aura droit au Droit Chemin le Jour où les pieds trébucheront."
Et : «Cinq choses invalident le jeune : le mensonge, la médisance, la délation calomnieuse, le faux serment, le regard lascif"

Définissant le vrai sens du jeûne, I'Imam al-Sâdiq (as) dit : «Jeûner, ce n'est pas seulement s'abstenir de manger et de boire. Si vous faites le jeûne, que votre ouïe, votre vue, votre langue, votre ventre, votre sexe fassent également l'abstinence. De même, retenez votre main et votre sexe. Essayez de garder le silence le plus possible, sauf s'il s'agit de dire du bien. Traitez avec bonté votre serviteur»

Les bienfaits du Jeûne

La Tradition (les paroles du Prophète et des Imams) s'est évertuée à expliquer ses effets bénéfiques et à préciser les buts du jeûne, que l'on peut résumer et répartir dans les points suivants :

S'exercer à la patience et affermir sa volonté : Le jeûne de Ramadan, tel qu'il est prescrit par l'Islam est le moyen par excellence d'apprendre à patienter. Le Prophète (saw) lui-même a dit du mois de Ramadan qu'il est : "Le mois de la patience, laquelle est récompensée par le Paradis".

L'Imam Ja'far al-Sâdiq (as) a conseillé : «Si un homme venait à être victime d'un grand mal, qu'il jeûne, car Dieu a dit: "Demandez l'aide de la patience ...", c'est-à-dire, du jeûne.»

Se libérer des habitudes quotidiennes : Apprendre à résister à des habitudes aussi tenaces que celle de satisfaire la soif et la faim lorsqu'elles se font sentir, c'est se libérer de l'emprise de l'Habitude qui enchaîne généralement l'homme et limite sa liberté d'initiative.

S'habituer à la discipline alimentaire. Assainir le fonctionnement du corps : Le Prophète (saw) a dit : "À toute chose une Zakât (aumône purificatrice), celle du corps est le jeûne".

S'habituer à l'honnêteté : Le jeûne met à l'épreuve l'honnêteté du croyant. Aussi le Prophète (saw) a-t-il dit à ce propos : "Le jeûne est un dépôt. Sauvegardez donc ce qui vous est confié".

Le jeûne est prescrit au musulman dès l'âge de la puberté. Celui-ci est donc soumis à une rude épreuve il est seul, le surveillant et le juge. Livré à la faim et à la soif, il peut céder à tout moment à la tentation de les satisfaire, alors qu'il a à sa portée de quoi manger et boire.

La seule chose qui l'en empêche, c'est sa foi en Dieu et sa conscience. En dehors de Dieu, personne n'est témoin de son observance de l'abstinence. Dès son jeune âge, le musulman qui jeûne s'exerce ainsi à être honnête et à respecter ses engagements moraux, malgré les tentations matérielles et la pression de ses désirs et de ses sens.

Le jeûne met à l'épreuve la sincérité et la solidité de la foi du Croyant en Dieu, et permet de consolider cette foi. Car c'est une lutte entre le besoin légitime d'apaiser des sensations naturelles pressantes (faim, soif, plaisir sexuel ...) et un sentiment intime, un désir spirituel incitant à obéir à la Volonté de Dieu qui veut que l'on résiste à ces sensations.

Le Prophète (saw) à dit : «Toute bonne action que les fils d'Adam accomplissent, ils la font pour eux-mêmes. Excepté le jeûne, lequel est pour Moi, et c'est Moi qui le rétribue. Le jeûneur éprouve deux joies: I'une au moment légal de l'Iftâr (fin du jeûne) où il se met à manger et à boire, I'autre, lorsqu'il Me rencontre et que Je le fais entrer au Paradis».

Consoler les nécessiteux : Le Prophète (saw) a décrit le mois de Ramadan comme étant, entre autre, le mois de la consolation. Cette appellation est d'autant plus adéquate que le jeûne est une véritable institution d'aide aux nécessiteux. L'Imam al-Bâqir (as) a dit à ce propos : «Dieu a prescrit l'obligation de jeûner pour que le riche ressente l'affliction de la faim et s'attendrisse sur le pauvre".

Son fils l'Imam al-Sâdiq (as), reprend cette explication et la développe : «Dieu a prescrit le jeûne pour que le riche et le pauvre vivent sur un pied d'égalité, car, le riche n'a pas l'occasion de connaître la famine pour penser au pauvre, étant donné qu'il peut manger tout ce qu'il veut et quand il veut. Aussi, Dieu a-t-Il voulu mettre sur un pied d'égalité Ses créatures en obligeant le riche à éprouver la faim et son affliction afin qu'il s'attendrisse sur le faible et compatisse à l'affamé»

Toutefois, l'Islam ne s'est pas contenté de prescrire le jeûne pour inciter les riches à nourrir les pauvres. Il a également promis des récompenses au moins égales sinon supérieures à celles du jeûne lui-même, pour chaque geste de générosité lié au jeûne. Le Prophète a dit à cet égard : «Quiconque offre le repas de l'Iftâr (la fin du jeûne) à un jeûneur aura une récompense égale à celle du jeûne et à celle de la piété accomplie par la force de ce repas»

Les conditions requises pour que le jeûne soit valide

1-La majorité : En Islam, on est généralement majeur à l'âge de quinze ans accomplis (hégiriens), quant à la femme, elle atteint la majorité à l'âge de neuf ans accomplis.

2-La raison : Le jeûne de Ramadan n'est obligatoire pour le musulman que s'il est sain d'esprit.

3-L' intention : Pour que le jeûne soit valable, il faut former l'intention intime de l'accomplir dans le seul but d'obéir à Dieu et de s'approcher de Lui. Le jeûne est nul et non avenu si on l'accomplit par ostentation ou pour des raisons de santé ou pour d'autres motifs matériels.

La formation de l'intention de jeûner peut se faire de deux façons: ou bien on formule, une fois pour toutes, avant le début du mois de Ramadan, I'intention de jeûner tous les jours de ce mois; ou bien - et c'est plus recommandable - on le fait chaque jour avant le jeûne de la journée à venir.

4-La présence ou le non-voyage : C'est-à-dire que l'obligation du jeûne de Ramadan est prescrite au musulman lorsqu'il se trouve dans le lieu de sa résidence et non pas en voyage. Celui qui est en voyage en est dispensé. On est considéré en voyage lorsqu'on s'éloigne de son lieu de résidence d'une distance d'au moins (44 kilomètres).

5-La non-maladie : Un malade ne doit pas jeûner, si le jeûne risque d'aggraver sa maladie, d'aiguiser sa douleur ou prolonger la période nécessaire à sa guérison. En revanche, un malade dont le jeûne ne produit pas d'effets négatifs sur la santé, doit légalement et obligatoirement jeûner.

6-Le non saignement féminin : Les femmes ne doivent pas jeûner durant leur menstruation (Haydh), et le temps des lochies (saignement après l'accouchement : Nifâs). Mais si le saignement prend fin avant l'aube, la femme doit prendre tout de suite le bain rituel (Ghusl) prescrit et accomplir le jeûne.

Même si la fin du saignement survient à un moment (quelques secondes ou minutes seulement avant l'aube par exemple) où elle n'a plus le temps de prendre le bain prescrit ou de faire le tayammum (de remplacement), elle doit jeûner, et son jeûne est considéré comme valable.

Mais si elle ne prend pas le bain prescrit tout en ayant le temps et la possibilité de le faire, son jeûne sera considéré comme nul et non avenu. La femme a l'obligation d'accomplir ultérieurement (pendant les autres jours de l'année) le jeûne de remplacement pour chaque Jour de Jeûne manqué - pendant le mois de Ramadan - pour des raisons de saignement.

Les choses ou les actes qui invalident le jeûne de Ramadan :

Pour que le jeûne ne soit pas invalidé, le Jeûneur doit impérativement s'abstenir de ce qui suit :

a- boire et manger quoi que ce soit -même une goutte ou une miette. Toutefois, on peut se gargariser ou goûter quelque chose sans l'avaler et à condition de rejeter de la bouche ce qu'on goûte, de sorte qu'il n'y reste absolument rien.

b- de l'acte sexuel et de tout ce qui provoque la sortie de sperme.

c- mentir en connaissance de cause, à Dieu, aux Prophètes et aux Imams d'Ahl-ul-bayt.

d- plonger volontairement la tête dans l'eau.

e- laisser pénétrer volontairement la poussière jusqu'aux cavités du corps (sauf s'il est impossible de l'en empêcher).

f- rester en état de "janâbah" (sortie de sperme non suivie du bain rituel - le Ghusl) jusqu'à l'aube. Il est obligatoire d'accomplir le ghusl de janâbah avant l'aube pour que le jeûne soit valable).

Mais si l'on a l'intention de faire le ghusl, et que l'on vienne à s'endormir, le ghusl peut être accompli même après l'aube, et le jeûne sera valable.S'il y a une raison légale empêchant l'accomplissement du Ghusl de Janâbah (manque de temps, difficulté d'utiliser l'eau ...etc), on peut remplacer le Ghusl par le tayammum avant l'aube.

g- recourir au lavement (injection d'un liquide dans le gros intestin par voie rectale), lequel abolit le jeûne.

h- vomir volontairement. Mais le vomissement involontaire, n'abolit pas le jeûne.

Quiconque rompt volontairement le jeûne prescrit de Ramadan doit expier obligatoirement chaque jour de non observance du jeûne par :

1 Soit l'affranchissement d'un esclave.

2 Soit le jeûne de deux mois consécutifs.

Soit le don de nourriture à soixante pauvres, à raison de trois-quarts de kilogramme de blé, de riz, de dattes, ou d'autres denrées alimentaires pour chacun.

Il est interdit de jeûner pendant :

1. Les deux Fêtes Musulmanes : la Fête de Ramadan (le 1er Chawwâl), et la Fête d'al-Adh-hâ (la fête du Sacrifice, le 10 Thul-Hajjah).

2. Les jours de Tachrîq pour celui qui se trouve à Mina.

3. Le jour de doute (avec la formule de l'intention de jeûner obligatoirement le premier jour de Ramadan). Il s'agit du jour où l'on ne peut pas établir avec certitude, si l'on est le dernier jour de Cha`bân ou le premier jour de Ramadan.

Dans ce cas particulier mais fréquent, il est conseillé, comme cela a été expliqué précédemment, de former l'intention d'«accomplir le jeûne recommandé du mois de Cha`bân» et d'éviter ainsi le risque de commettre un péché.

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