Mar07292014

mise a jour :Ven, 17 Jan 2014 9pm

X : Couper La Main Du Voleur :

X : Couper La Main Du Voleur :



Dans bien des pays musulmans où la charia est appliquée aujourd’hui, on punit les voleurs en leur tranchant la main au niveau du poignet, conformément, pense-t-on, à la Parole de Dieu. Allah dit ceci à ce propos :

« Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu'ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d'Allah. Allah est Puissant et Sage. » (Al Mâ’idâ, 5 : 38)

Or le mot utilisé dans ce verset et qui est justement traduit par couper, ne signifie pas trancher comme eux ils le pratiquent.

L’école des Ahlul Bayt a une compréhension de cette prescription, aux antipodes des actes de barbarie gratuite dénués en plus de tout fondement. En effet, ils enseignent ce que le Prophète, leur inspirateur, leur a légué. Il s’agit plutôt de blesser les extrémités des quatre doigts, le pouce étant exclu. Une première fois ce sera la main droite puis le pied gauche, ensuite à la troisième récidive, le voleur est emprisonné et à la quatrième il est exécuté. Cette interprétation est de loin plus logique et plus humaine et ceci pour plusieurs raisons :

1 – une fois les mains tranchées, l’individu devient un handicapé donc une charge pour une société où chacun est appelé à produire pour ne pas être un boulet aux pieds de la communauté.


2 – un tel individu devient difficilement propre or l’Islam est une religion de propreté.



3 – Dieu dit que les (7) appuis utilisés dans la prière Lui appartiennent exclusivement donc il ne revient à personne de les trancher :

« Les mosquées sont consacrées à Allah : n' invoquez donc personne avec Allah. » (Al Jinn, 72 : 18)

Ici Hamidullah traduit ces appuis par mosquées car c’est en effet la même signification : confusion entre le lieu de prières et les outils (réceptacles) de la prière. De plus « sont consacrées » porte la place de « appartiennent ».

4 – De plus Dieu est Pardonneur or si le voleur se repentit et que sa main est déjà partie alors quel le satisfaction ou gain pourra-t-il tirer d’un tel repentir ?

5 – Avant même de couper les bouts des quatre doigts, au moins huit conditions doivent être remplies :

-         le voleur doit être adulte,

-         il doit jouir de toutes ses facultés de discernement,

-         il doit avoir choisi délibérément de commettre l’acte,

-         il ne doit pas être dans une situation de besoin,,

-         le vol doit se dérouler avec effraction car le voleur ne devrait pas avoir été tenté par sa victime ou alors l’objet volé devra avoir été déplacé de son endroit d’origine par le voleur avec l’aide éventuelle de complices,

-         le voleur ne doit pas être le père de sa victime,

-         le vol doit s’être déroulé à l’insu de la victime ou d’un public.

6 – le même mot couper (khâta’) et non trancher a été utilisé dans le Coran et aurait donc pu être encore « compris » par trancher comme dans ce cas du verset du voleur. Le même mot compris différemment dans deux cas pourtant similaires. En effet, la femme du gouverneur (Al-Aziz) aimait son serviteur Yûsuf (P) qui était d’une beauté jamais égalée. Elle invita des femmes pour prouver par la faiblesse, le manque de contrôle dont elles allaient faire preuve, qu’elle n’était qu’une victime comme pouvait l’être n’importe quelle femme. Dieu nous raconte la scène en ces termes :

« Lorsqu'elle eut entendu leur fourberie, elle leur envoya (des invitations,) et prépara pour elles une collation; et elle remit à chacune d'elles un couteau. Puis elle dit: "Sors devant elles, (Joseph!)" - Lorsqu'elles le virent, elles l'admirèrent, se coupèrent les mains et dirent: "ÔAllah ne plaise! Ce n'est pas un être humain, ce n'est qu'un ange noble!" » (Yoûsouf, 12 : 31)

Peut-on dire qu’elles se sont tranchées les mains à partir du poignet ?

En tout état de cause, il n’est jamais arrivé du temps du Prophète que l’on tranchât la main à un voleur en guise de sanction. Peut-être parce que le système socio-économique mis en place ne laissait pas de place à de tels actes.

Hélas, comme dans beaucoup d’autres domaines où nous avons reçu en l’héritage des déviations, la confusion existe encore de nos jours et fait croire à tort que la charia prévoit de trancher la main du voleur.

Cette tradition s’applique à tort dans beaucoup de pays dits islamiques ou non avec la cohorte de problèmes que cela pose.

Ces problèmes proviennent certes du fait de vouloir appliquer au nom de Dieu une décision qui ne vient pas de Lui. Mais en plus, le développement effréné des moyens de télécommunications et de transport, les nouvelles règles économiques mondiales agissant, les inégalités dans la répartition des richesses d’une nation étant érigées en règles de droit et d’économie, l’application d’une telle loi est absurde et injuste.

Disons-le tout net pour lever toute équivoque : cela ne voudrait pas dire que l’application de la charia dans son entièreté, est inadaptée à notre époque ou à notre environnement moderne. Il s’agit pour y arriver de définir et d’appliquer toutes les conditions qui doivent concourir à asseoir davantage de justice sociale et de bien-être, en somme de développement humain pour les populations concernées.

Le constat de l’augmentation fulgurante de la demande de confort spirituel surtout auprès des jeunes, parallèlement à l’aggravation de la perte de nos repères, de nos origines et des vertus cardinales, nous portent à garder l’espoir qu’un jour, la vérité triomphera des ténèbres. Alors ce jour verra pousser comme des champignons des états véritablement islamiques où l’Islam sera vécu dans sa plénitude.

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